LA GUERRE SOUS LES OLIVIERS : ÉLIMINER LES SÉQUELLES EXPLOSIVES À BAFLIYEH
BAFLIYEH, SUD DU LIBAN — Parmi les oliviers et à quelques mètres seulement des habitations, une équipe polyvalente de 13 membres de Norwegian People’s Aid (NPA) élimine les engins explosifs laissés par la dernière guerre avec Israël.
Le Liban porte les séquelles de conflits successifs sous la forme de mines, de restes d’armes à sous-munitions et de munitions non explosées. Les dernières hostilités ont ajouté de nouveaux dangers explosifs dans le sud du pays, compliquant le retour dans les habitations, les terres agricoles et les villages endommagés.
L’équipe de NPA divise le terrain contaminé en couloirs de travail délimités à l’aide de piquets en bois, de cordes et de rubalise rouge et blanche. Les démineurs progressent ensuite méthodiquement, associant recherches visuelles, détecteurs de métaux et outils manuels pour localiser les objets explosifs enfouis.
L’opération à Bafliyeh a commencé le 28 septembre. Au 9 octobre, après dix journées de travail, l’équipe avait dépollué 20 720 mètres carrés sur une superficie totale de 21 614 mètres carrés. Il restait 894 mètres carrés à traiter. Son tableau de suivi recense sept objets explosifs : cinq sous-munitions MZD-2 et deux fusées.
« Chaque terrain ou zone où nous travaillons doit disposer d’une zone d’évacuation au cas où, à Dieu ne plaise, un accident surviendrait », explique Ali Kanso, chef d’équipe.
Rihab Fatouni, cheffe d’équipe adjointe et démineuse, travaille dans la lutte antimines depuis 2006. « Les gens me demandent : “Vous êtes une femme. Vous n’avez pas peur de faire ce métier ?” Je leur réponds que non — au contraire. J’aime mon travail. » Sa famille, dit-elle, craint pour sa sécurité chaque fois qu’elle quitte son domicile. Des collègues ont perdu la vie en effectuant ce travail.
Pour Ali Mousa, démineur, l’objectif est immédiat : « Notre priorité est de travailler entre les maisons et les champs, d’éliminer le danger pour les habitants et de leur permettre de retourner en sécurité sur leurs terres et dans leurs maisons. »
Ce danger est bien réel pour le village. Abbas Youssef Zein, maire adjoint de Bafliyeh, affirme que des restes explosifs ont été découverts après les attaques. « Notre village est petit. Les enfants jouent sous les oliviers et dans le jardin public. »
Photos : © J I Mota / MedPress































